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Cours de Mme Marquet et M Viora
V/ Les molécules de synthèse permettant la maîtrise de la procréation modifient ce cycle hormonal naturelLa connaissance de plus en plus précise des hormones naturelles endogènes contrôlant les fonctions de reproduction humaine a permis progressivement la mise au point de molécules de synthèse exogènes qui leurrent ce système et permettent une maîtrise de la procréation, avec de moins en moins d’effets secondaires.
Comment maîtriser sa reproduction ?
Pendant la séance
A. Définitions et exemples de méthodes contraceptives
La contraception est l’ensemble des méthodes qui inhibent réversiblement la capacité de reproduction sans perturber le comportement sexuel.
Les différents moyens contraceptifs peuvent :

La pilule estroprogestative contient des œstrogènes et de la progestérone de synthèse qui bloquent la stimulation de l’ovaire via l’hypophyse : l’hypophyse est mise au repos et cesse de stimuler les ovaires, de sorte que l’ovulation n’a pas lieu. On doit vérifier que l’équilibre hormonal soit respecté.
L’ implant est un bâtonnet que l’on place sous la peau de l’avant bras ou du bras lors d’une courte anesthésie locale. Il libère un progestatif pendant 3 à 5 ans qui agit comme une pilule progestative mais qui souvent empêche aussi l’ovulation.
L’anneau mesure entre 5 et 6cm de diamètre et est posé au fond du vagin par la femme. Cet anneau est imprégné d’œstrogène et de progestérone. Il est placé pendant 21 jours. Il est retiré le 22ème jour.
Le patch est collé sur la peau et les hormones diffusent sous la peau, passent dans le sang et freinent l’axe hypothalamo-hypophysaire. On utilise un patch par semaine pendant 3 semaines puis on arrête une semaine.
On peut utiliser une pilule progestative (prise quotidiennement) qui agit en coagulant la glaire dans le col de l’utérus, ce qui empêche les spermatozoïdes d’atteindre l’ovocyte.
On peut utiliser un préservatif (contraception mécanique) masculin ou féminin.

La ligature des trompes chez la femme nécessite une anesthésie générale.
Chez l’homme, la vasectomie ou ligature des canaux déférents pour l’homme se fait facilement et sous anesthésie locale (une BD sur les obstacles psychologiques liés à la vasectomie). Ces deux méthodes de stérilisation sont considérées comme définitives.

Il existe également chez l’homme les slips chauffants, un anneau autour des testicules, ou une piqûre hebdomadaire .
Un peu d’humour…
Pour la Science, N°369, juillet 2008 : « Les limites de la contraception » D’après Frédérique Kuttenn, endocrinologue à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris
Chez l’homme, les progrès dans le développement de nouvelles méthodes de contraception masculine réversible ont été lents. S’il a été clairement démontré que l’approche hormonale est capable de fournir une contraception efficace et réversible, aucun produit n’est disponible sur le marché pour le moment. Actuellement, des essais sont en cours sur un gel autoadministré associant testostérone et Nestorone (un progestatif) ainsi que sur d’autres méthodes étudiées depuis plus longtemps et disponibles essentiellement sous forme injectable. De nouveaux stéroïdes à action prolongée, dotés d’une activité androgénique et progestative, font également l’objet d’essais cliniques. Les approches non hormonales agissent sur la spermatogenèse, sur la maturation des spermatozoïdes dans l’épididyme ou encore au niveau du canal déférent, mais elles restent au stade des essais précliniques.
Les enquêtes indiquent que les hommes et leurs partenaires sont prêts à utiliser de nouvelles méthodes de contraception masculine, mais ils n’ont pas cette possibilité pour le moment.
Au milieu. Un premier type de contraception hormonale utilise un dérivé de la testostérone seul. Celui-ci supprime la fonction de l’axe hypothalamo-hypophysaire, ce qui bloque la spermatogenèse mais également la production de testostérone testiculaire. Cependant le dérivé de la testostérone permet de compenser l’absence de production de testostérone endogène pour les effets périphériques de cette hormone.
À droite. La contraception hormonale peut également se faire via un dérivé de la testostérone associé à un progestatif. Le progestatif supprime la fonction de l’axe hypothalamo-hypophysaire. Le dérivé de la testostérone a alors pour rôle de compenser l’absence de production de testostérone endogène causée par le progestatif et de permettre ainsi le maintien des caractères sexuels secondaires associés à la testostérone. (source)
Le stérilet , objet plastique associé à un fil de cuivre en forme d’ancre déposé dans l’ utérus pour 5 ans et qui empêche la nidation , il peut aussi être associé à de la progestérone délivrée en continu.
Consulter les sites présentant les différentes méthodes contraceptives (voir aussi ici)
Méthodes contraceptives utilisées par les français.es en 2023 (source : INSERM)
TP Modélisation de la fixation de progestatifs sur les récepteurs à la progestérone.
La contragestion est l’ensemble des méthodes empêchant la gestation de l’embryon après sa formation. Ces méthodes s’appliquent après la fécondation. Ce ne sont pas des méthodes de contraception.
exercice 6p236 La contraception d’urgence
’est une molécule dont la structure est proche de la progestérone mais qui a une plus grande affinité avec les récepteurs à progestérone des cellules de la muqueuse utérine. Pris lors de la phase de corps jaune, le RU 486, en monopolisant les récepteurs à la progestérone, empêche l’endomètre de répondre à l’action de la progestérone sécrétée par le corps jaune.
Bien que se fixant sur les mêmes récepteurs, le RU 486 n’a pas les propriétés de la progestérone, il n’agit pas sur les cellules cibles et ne provoque pas le maintient de la muqueuse utérine et ne bloque pas les contractions utérines.
Il entraîne en conséquence des règles anticipées et s’oppose ainsi à la nidation d’un éventuel embryon. Par son action « anti progestérone », le RU 486 peut exercer une action abortive.
exercice 7p236 Le RU 486
D’abord, une vidéo sur les premiers mois de la grossesse (17′), et une autre sur l’accouchement (18’43 »)
Certains couples peuvent avoir des problèmes d’infertilité d’origines très diverses qui les empêchent de procréer. 1,8% des hommes et 3,7% des femmes âgés de 15 à 49 ans ne sont pas fertiles sur la planète. L’infertilité touche principalement la tranche d’âge des 35-39 ans. Les taux de fertilité commencent à diminuer à partir de l’âge de 30 ans chez les hommes et les femmes, et continuent de chuter rapidement après l’âge de 35 ans. La Procréation Médicalement Assistée peut dans certains cas apporter une solution aux personnes infertiles.
Entre 1973 et 2018, le nombre de spermatozoïdes d’un volume donné de sperme a été divisé par 2. Cette chute s’accélère depuis 2000, elle n’est observée que dans les pays occidentaux (source)
Différentes techniques existent :
Les différentes étapes de la fécondation in vitro sont les suivantes :
1- Stimulations ovariennes par injection d’hormones FSH.
2- Ponction ovarienne : récupération de plusieurs ovules d’une même femme
3- Récupération des spermatozoïdes d’un conjoint ou d’un donneur anonyme
4- Mise en contact dans un liquide nutritif des 2 gamètes. Des fécondations se font naturellement dans le tube à essai (in vitro).
5- Implantation des embryons au stade 4 cellules dans l’ utérus d’une femme ayant subi préalablement un traitement hormonal pour que la muqueuse utérine permette la nidation des embryons.
L’ICSI (IntraCytoplasmic Sperm Injection) est une technique qui se déroule sous le microscope et qui permet l’injection d’un spermatozoïde directement dans le cytoplasme de l’ ovule lorsque les fécondations naturelles in vitro ne se produisent pas seules.
Toutes ces techniques soulèvent des questions éthiques.
exercice 9p237 Infertilité masculine
Une nouvelle méthode existe pour avoir des ovocytes : la maturation in vitro (MIV) consiste à prélever des ovocytes immatures. Deux jours d’injection d’hormone FSH suffisent. Ils sont ensuite rendus aptes à la fécondation directement en laboratoire. Une fois matures, ils sont fécondés grâce à une micro-injection. Le transfert dans l’utérus se fait deux à cinq jours plus tard.
Cette méthode permet aux femmes de moins absorber d’hormones que lors d’un parcours de FIV classique (les femmes doivent prendre un cocktail d’hormones deux semaines avant l’ovulation). Cette hyperstimulation ovarienne s’accompagne souvent de fatigue, vomissements. Le 1er bébé conçu ainsi est né en 1991 en Corée du Sud, mais ce processus entraine un taux de natalité plus faibles que ceux de la FIV.
Le vagin abrite une flore vaginale naturelle (bactéries non pathogènes du microbiote), qui joue un rôle protecteur (pH acide, compétition…). L’hygiène intime permet de veiller à ce que des micro-organismes pathogènes ne prolifèrent pas. Elle vise à éviter le déséquilibre de cette flore bactérienne, mais si cette hygiène est nécessaire, il ne faut pas en abuser car l’excès est tout aussi néfaste. Tout déséquilibre de la flore vaginale (bactéries non pathogènes du microbiote) peut favoriser l’apparition d’IST ou Infections Sexuellement Transmissibles.
Les IST se transmettent principalement par contact cutané lors d’un rapport sexuel par voie vaginale, anale, ou orale. Beaucoup d’IST sont transmises lors de rapports sans pénétration, comme les rapports bucco-génitaux, les caresses intimes, ou lors de l’utilisation d’objets sexuels. L’évolution de la fréquence des IST suit aussi l’accroissement de ces pratiques dans la population. Certaines peuvent aussi se transmettre de la mère à l’enfant pendant la grossesse, l’accouchement ou lors de l’allaitement, et par le sang. Les IST sont souvent regroupées sous une catégorie unique : les maladies qui touchent les organes sexuels. Cependant, elles peuvent provoquer des symptômes sur l’ensemble du corps.
Toutes les maladies touchant les parties génitales ne sont pas des IST. Par exemple, les mycoses vaginales, très fréquentes chez les femmes, résultent d’un déséquilibre de la flore vaginale mais ne sont pas transmises lors de rapports sexuels.
Sur les huit infections les plus fréquentes, seulement quatre peuvent être guéries : la syphilis, la gonorrhée, la chlamydiose et la trichomonase. La prévention et le dépistage sont donc cruciaux pour freiner la propagation des IST, dont la fréquence est en augmentation.
Pour chacune des maladies suivantes, compléter le tableau suivant à l’aide du site du CRIPS:
| Maladie | Type de microorganisme
(bactérie, virus ou parasite) |
Une ou des conséquences
/risques de l’IST |
Mode de transmission | Mode de prévention de l’IST |
| Les chlamydioses (les infections à chlamydia) | ||||
| La gonorrhée | ||||
| Les mycoplasmes | ||||
| La syphilis | ||||
| Hépatite A,B et C | ||||
| Herpès génital |
exercice 8p237 La gonorrhée
Conclusion :
Il existe différentes méthodes visant à empêcher (contraception) ou arrêter (IVG) une grossesse.
Toutes ont pu être mises au point grâce à la connaissance du fonctionnement hormonal de l’appareil reproducteur féminin.
La pilule combinée est constituée d’hormone de synthèse (œstrogène et progestérone) qui, en agissant sur l’hypophyse, vont empêcher l’ovulation. La pilule du lendemain a un effet similaire seulement si elle est prise dans les 72 heures et si l’ovulation n’a pas eu lieu.
Son utilisation doit rester exceptionnelle.
L’interruption volontaire de grossesse provoque quant à elle un rejet de l’embryon mais est soumis à des délais légaux de réalisation.
Pour aller plus loin :
Une BD à emprunter au CDI : Les Contraceptés – Enquête sur le dernier tabou
Objectifs cognitifs :
La connaissance de plus en plus précise des hormones naturelles endogènes contrôlant les fonctions de reproduction humaine a permis progressivement la mise au point de molécules de synthèse exogènes qui leurrent ce système et permettent une maîtrise de la procréation, avec de moins en moins d’effets secondaires.
Chez la femme et chez l’homme, ces molécules de synthèse sont utilisées dans la contraception régulière («la pilule»), la contraception d’urgence féminine, les hormones contragestives dans le cadre de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse, ainsi que la contraception hormonale masculine.
D’autres modes de contraception existent chez l’homme et la femme; certaines permettent de se protéger des infections sexuellement transmissibles (IST) et d’éviter leur propagation. Selon les problèmes de stérilité ou d’infertilité, différentes techniques médicales peuvent être utilisées pour aider à la procréation : assistance médicale à la procréation (AMP), hormones pour permettre ou faciliter la fécondation et/ou la gestation.Notions fondamentales:hormones et neurohormones hypothalamo-hypophysaires (FSH, LH et GnRH);modes d’action biologique des molécules exogènes modes d’action biologique des molécules exogènes
Capacités :
Précisions : la connaissance des différents types de rétrocontrôle n’est pas attendue. Il s’agit de montrer comment des molécules exogènes peuvent agir comme des «leurres»pour empêcher la production des ovocytes ou des spermatozoïdes, pour désynchroniser le fonctionnement de l’appareil reproducteur chez la femme ou empêcher le développement de la muqueuse utérine. Les mécanismes cellulaires de l’action des hormones, de même que les voies de leur synthèse, ne sont pas au programme. Le lien est établi entre certaines étapes des techniques de l’assistance médicale à la procréation ou d’interruption volontaire de grossesse et les connaissances scientifiques qui permettent de les expliquer et d’évoquer leur cadre éthique.