Comportements et stress : vers une vision intégrée de l’organisme

 Étude d’un exemple

Qui sont les agents stresseurs ? Quelles sont les réponses adaptatives (physiologiques, cognitives, émotionnelles, comportementales) ? Existent -ils une variabilité interindividuelle face au stress ?

Nous avons tous une capacité ancestrale à répondre aux agressions de notre environnement. Cette réponse est indispensable pour nous permettre de réagir aux dangers immédiats et protéger notre intégrité physique et psycho-logique. Le stress touche 4 salariés sur 10 ; il est en nette augmentation dans les catégories supérieures (47%) et pour les cadres supérieurs (57%). Le coût total, qui inclut les dépenses de santé, les conséquences de l’absentéisme et la perte de productivité, se chiffre en centaines de milliards d’euros par an au niveau mondial (plus de 20 milliards d’euros en Europe). Le stress touche aussi les enfants, plus ou moins directement. D‘une part à cause de la pression mise par les parents (52% des parents se disent stressés par la réussite scolaire de leurs enfants), d’autre part à cause de la compétition, scolaire ou psychosociale, à l’école, au collège ou au lycée.

Les spécialistes s’accordent pour définir le stress comme tout stimulus extérieur qui met en danger notre homéostasie, c’est-à-dire l’équilibre normal de nos fonctions corporelles. On distingue le stress aigu que nous verrons dans la première partie du  stress chronique que nous verrons ensuite.

I/ L’adaptabilité de l’organisme
Le stress aigu désigne les réponses adaptatives (physiologiques, cognitives, émotionnelles, comportementales) de l’organisme face aux agents stresseurs. Ces derniers peuvent être très variés : stimuli physiques, psychiques ou émotionnels. Tout stress active  une partie du système nerveux central appelée système limbique et comprenant l’hypothalamus, l’amygdale, l’hippocampe et le cortex préfrontal.
Une agression soudaine déclenche l’activation de trois mécanismes cérébraux qui concourent à réguler des fonctions corporelles :
  • implication du système nerveux volontaire

Le premier de ces circuits est le système nerveux moteur volontaire, qui envoie des messages aux muscles de manière à répondre de façon adaptée aux informations sensorielles. Par exemple, la vue d’un requin vous incite à nager le plus rapidement possible vers la berge, vous vous préparez au combat ou à la fuite face à une attitude menaçante.

  • implication du système nerveux autonome

Le deuxième circuit activé dans la réponse au stress est le système nerveux autonome, constitué des branches sympathique et parasympathique. Le système nerveux sympathique est un système d’urgence qui mobilise les muscles et le système cardio-vasculaire.

Le système sympathique active les cellules de la glande médullo-surrénale, libérant de l’adrénaline dans le sang. En effet, de manière indirecte par l’intermédiaire de divers relais synaptiques, les neurones hypothalamiques déclenchent l’exocytose d’adrénaline par les cellules chromaffines. L’adrénaline provoque une augmentation du rythme cardiaque, de la fréquence ventilatoire et de la glycémie.

Ces deux mécanismes cérébraux participent à ce qu’on appelle la phase d’alarme.
  • Implication d’un système neuro-endocrinien

Le troisième circuit cérébral activé par le stress pour activer les fonctions corporelles est le système neuro- endocrine. L’activation des neurones du système limbique déclenche  la phase de résistance : elle est caractérisée par la libération de cortisol dans le sang par la glande cortico-surrénale. Elle met en jeu l’axe hypothalamo-hypophysio-corticosurrénalien.

Le réseau neuronal complexe du système limbique converge vers l’activation du noyau paraventriculaire (NPV) de l’hypothalamus qui sécrète du CRH dans la circulation sanguine.
Le CRH libéré entraîne la sécrétion d’ACTH dans le sang par les cellules adrénocorticotropes de l’hypophyse antérieure. L’ACTH entraîne la libération de cortisol par les cellules de la glande cortico-surrénale. Le cortisol agit en synergie avec l’adrénaline, il augmente la glycémie plasmatique et inhibe le système immunitaire.
Ainsi, les voies de communication nerveuse et hormonales agissent de manière synergique ou complémentaire et permettent l’adaptabilité de l’organisme.

Influence du stress sur le processus d’apprentissage

II/ L’organisme débordé dans ses capacités d’adaptation

A faire après les écrits

 


L’adaptabilité de l’organisme

Notions fondamentales : stress aigu, agents stresseurs, axe hypothalamo-hypophyso-corticosurrénalien, CRH, adrénaline, cortisol, rétrocontrôle, système limbique (amygdale, hippocampe), résilience, adaptabilité, système complexe.

Face aux perturbations de son environnement, l’être humain dispose de réponses adaptatives impliquant le système nerveux et lui permettant de produire des comportements appropriés. Le stress aigu désigne ces réponses face aux agents stresseurs.
La réponse de l’organisme est d’abord très rapide : le système limbique est stimulé, en particulier les zones impliquées dans les émotions telles que l’amygdale.
Cela a pour conséquence la libération d’adrénaline par la glande médullo-surrénale. L’adrénaline provoque une augmentation du rythme cardiaque, de la fréquence respiratoire et la libération de glucose dans le sang.
Une autre conséquence des agents stresseurs au niveau cérébral est la sécrétion de CRH par l’hypothalamus : le CRH met à contribution l’axe hypothalamo-hypophyso-corticosurrénalien, entraînant dans un second temps la libération du cortisol. Le cortisol favorise la mobilisation du glucose et inhibe certaines fonctions (dont le système immunitaire). Le cortisol exerce en retour un rétrocontrôle négatif sur la libération de CRH par l’hypothalamus et favorise le rétablissement de conditions de fonctionnement durable (résilience).
Ces différentes voies physiologiques sont coordonnées au sein d’un système, qualifié de complexe, et permettent l’adaptabilité de l’organisme.

Source schéma général

Source texte

L’organisme débordé dans ses capacités d’adaptation (à faire après les écrits)

Notions fondamentales : stress chronique, système limbique (amygdale, hippocampe), cortex préfrontal, plasticité du système nerveux, résilience.

Si les agents stresseurs sont trop intenses ou si leur action dure, les mécanismes physiologiques sont
débordés et le système se dérègle. C’est le stress chronique.
Il peut entraîner des modifications de certaines structures du cerveau, notamment du système limbique et du cortex préfrontal. Cette forme de plasticité, dite mal-adaptative, se traduit par d’éventuelles perturbations de l’attention, de la mémoire et des performances cognitives.
Ces dérèglements engendrent diverses pathologies qui sont traitées par des médicaments dont l’effet vise à favoriser la résilience. La prise de ces médicaments, comme les benzodiazépines dans le cas de l’anxiété, doit suivre un protocole rigoureux afin de ne pas provoquer d’autres perturbations notamment une sédation et des troubles de l’attention.
Certaines pratiques non médicamenteuses sont aussi susceptibles de limiter les dérèglements et de favoriser la résilience du système. Chaque individu est différent face aux agents stresseurs, le stress intégrant des dimensions multiples et liées.

 

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